« Quartet » Pierre Buraglio invite : Claude Buraglio, Franck Garcia, Jo Brouillon

Exposition collective // Mont de Marsan //Novembre 2009

Claude Buraglio, Franck Garcia, Jo Brouillon

Centre d’art contemporain Raymond Farbos , 3 rue Saint-Vincent-de-Paul, 40000 Mont de Marsan

Texte de Pierre Buraglio

« Quartet » Pierre Buraglio invite : Claude Buraglio, Franck Garcia, Jo Brouillon

« Quartet » Pierre Buraglio invite : Claude Buraglio, Franck Garcia, Jo Brouillon

Carriériste de tout pays : liquidez-vous (Bombage sur un mur du XXème arrondissement de Paris.

Il ne s’agit ici (mais jamais sérieusement il ne le fut) que d’une question de formes et de couleurs « en un certain ordre assemblées ». (1)

L’idéologie de l’Art pour l’Art, si vivace comme le Formalisme, ne sont que des impasses. L’inspiration comme la Tour d’ivoire, des clichés éculés.  Non : ce qui m’intéresse chez ces trois jeunes peintres : Claude Buraglio, Jo brouillon et Franck Garcia – c’est leur posture. Ce sont les attitudes pratiques, matérielles qui investissent celle-ci.  Précisément dans une société fondée sur l’égoïsme qui cherche mille appâts à corrompre, à avilir.  Ces artistes, ces citoyens s’essaient et réussissent dans une certaine mesure à couper court avec l’individualisme – face dévoyée de l’individualité, à provoquer l’échange, la réciprocité.

Oui, leurs peintures collectives, leurs « cadavres exquis », pour reprendre la nomination surréaliste, bien que trop connotée idéologiquement et esthétiquement, leurs jeux triangulaires et jeux avec eux-mêmes dans les questions et réponses données é l’un / aux autres, m’intéressent beaucoup.

Je rapprocherais cette pratique de l’improvisation collective qu’elle appartienne au New-Orléans ou au Free Jazz (2).  C’est aussi sans doute pour cela qu’elle me séduit, requiert mon intérêt, ainsi que l’économie de moyens recourus… Ce sont des toiles libres. Un faire simple et efficace, une pauvreté au sens franciscain.

J’ai eu l’occasion de voir pour la première fois les travaux de Claude, Jo et Franck, réunis sous le titre « Carte blanche, traits noirs » à Langon, puis au Salon de Montrouge (où ceux-ci furent bien remarqués) et plus récemment pour le prix Antoine Marin à Arcueil, où je les parrainais. Mes premières bonnes impressions perdurent aujourd’hui.  Ils peignent. Ils ont donc compris que cette « survivance » (cet archaïsme pour certains) était plus que jamais vivante. Qu’il ne fallait pas essayer de rivaliser avec le développement ininterrompu des techniques. Simplement savoir s’annexer le nécessaire.

Reste le point crucial, plus déterminant que le « comment », le « pourquoi » de ces images, de ces signes de cette polysémie. Sur ces surfaces peintes, des positions discordantes se manifestent, c’est évident. La situation est ouverte, é chacun de s’y retrouver ou pas. Dans ce sens, je ne cacherai pas que telle image, tel signe porteur d’un discours, d’un développement inévitable suscitera ma probation ou au contraire saura m’émouvoir… Encore une fois la situation reste ouverte.

En manière de conclusion…

Remarqué au mois de juillet à Agrigente sur des calicots apposés à des balcons des maisons, à l’adresse du saint patron Calogero « Viva San Carlo » sur l’un. Et « Non noi respettiamo San Calogero » (3)

Pierre Buraglio

En TGV le 8/8/2009

(1)      Maurice Denis.

(2)      Cet été : le duo d’Herbie Hancock – Lan Lang jouant Chopin.

(3)      « Nous ne te respectons pas San Calogero »