PRESENTATION DU COLLECTIF BGB – Jo Brouillon, Claude Buraglio, Franck Garcia

TEXTE D’YVES BROCHARD

Texte paru dans le catalogue du 54ème Salon de Montrouge

Qu’en est-il de la pratique artistique collective aujourd’hui ? existe t’elle encore en un temps vaguement désabusé quant à cette idée un peu utopique? D’abord redire que le XXème siècle a connu toutes les formules possibles du travail à deux, trois, plusieurs… Cobra, GRAV, Support/Surface, Présence Panchounette, En avant comme avant… sont quelques uns des groupes qui ont vécu et puis ont disparu.

Si l’on prend l’exemple du Surréalisme, il y a eu à l’intérieur des pratiques individuelles, des expositions collectives dites de groupe puis des techniques mêlant plusieurs individus au sein de la même oeuvre, le Cadavre exquis reste l’une de ces pratiques les plus souvent citées. Le travail de Claude Buraglio, Jo Brouillon, Franck Garcia part un peu de ce cadavre exquis mais il serait à visage découvert. Ils entament des séries basées sur un multiple de trois et sont donc chacun face à un travail au début, au milieu et à la fin.

Il n’y a pas de thématique imposée, de consigne, chacun est libre de rebondir, partir sur une autre piste. Le point commun, je le vois dans une peinture figurative, je dirai à base essentiellement d’images, je pense que le mauvais choix serait de se demander ce que fait chacun et que le bon choix est effectivement de voir ce travail comme un. Je n’ai pas vraiment envie de savoir qui reprend ces photos “historiques”, cette imagerie politique des années glorieuses, Marx, Engels,M le Maudit, Les Beatles, Mickey, Ronnie, Mario… Parfois on essaie de comprendre, comment cette tête est venue se coller sur le corps de Picsou? Il y a des mots, ils sont souvent travaillés à l’envers (comme un effet de distanciation?) parfois presque comme un rébus: le titre de cette peinture en espagnol me dit “Tout n’est pas bleu dans le ciel” puis c’est la bataille de Georges… Ils vont peut-être prendre le même mode de travail pour élaborer désormais les titres des oeuvres. Devant leurs oeuvres, je pense à ce titre: “Hunger nach Bildern” que l’on peut traduire en français par “soif d’images”, ce livre allemand des années 80 qui, justement montrait beaucoup de reproductions d’un groupe de Cologne “Mühlheimer Freiheit” (jeu de mot avec “Liberté de la poubelle”).

Que pouvait-on (et que peut-on toujours!) apprendre des années 80? D’abord la “Dictature graphique” à travers le travail d’un collectif comme Bazooka Productions à leur grande époque dans “Un regard moderne”. Puis, plus que jamais: ce qui reste la pratique artistique idéale, c’est encore et toujours la musique. Alors un premier souvenir dans le Londres punk des années 75, ce tract qui montrait deux tablatures de guitare et qui disait “voici un accord, un autre accord, maintenant fais un groupe!” puis, deuxième temps: à la fin des années 90, Tortoise arrive de Chicago pour leur concert parisien, un premier morceau… puis les musiciens se mettent à tourner et changent d’instrument, le bassiste devient batteur et ainsi de suite…

>> Voir le site Internet du Collectif BGB