L’ATELIER D’ARTISTE DE JO BROUILLON

JO BROUILLON, alias JOEL GODEFROY (EN TROIS ACTES)

Texte de Christophe Massé // Bordeaux // mai 2007

Il est Peintre. Un jour saute dans le plat. Jamais dans le silence de l’atelier. Sur les fronts. La peinture est en bombe, en pot, pulvérisée, appliquée. Son tremblé comme des décalcomanies : des inventions. L’intention d’apporter à l’histoire de l’Art des brevets nouveaux, déposés entre les pages de milliers de carnets qui font la force du peintre et sa foi comme un chemin de croix. Car Joël est peintre.

Oui ! Fou ? Sans doute. Fou du chocolat, de l’encre, du feutre, du papier qui boit. Il est peintre en l’être. Des hommes la bouche grande ouverte, des femmes, des chattes, des muscles et du slogan, de la lettre ; retournée, léchée, soutien dégrafé, de la lettre qui penche, qui explique, ou se moque ; de la lettre être ou de l’être lettre. Joël est peintre en lettres dans la tradition inventeur de typographie spontanée. Slogans sans mettre de gants. Enfileur de lignes en rêves. Joël a son tremblé. Une main défiant toute concurrence, le dilemme entre là et ici n’existe pas. Il occupe, résiste. C’est un envahisseur de surface, un virtuose de l’art du laisser du blanc, se servir du crème, de l’ocre et de l’auréole pour blanchir la surface et faire respirer le tableau comme un grand maître pompier contemporain.

Joël Godefroy est un peintre à rebours qui va du registre de l’académie au brouillon. La the first class : faire du salement propre avec un cerveau et deux mains seulement et laisser sur le carreau dans son sillage, son métier de peintre pour son métier de vivre.

Et dans les oeuvres de Joël Godefroy j’apprends à lire ma vie comme si j’étais toujours allé à l’école.

L’hommage de Jo Brouillon, à Charlie Hebdo // Janv 2015