
Il y a des artistes qui mettent les pieds dans le plat
Il y a à des artistes
qui émettent et puis d
Bouillon de lettres dans la soupe acrylique. Illusion
sur le chemin des significations. Emir Prince Petit Joël aux yeux
Il y a des artistes qui soumettent épier dans le froid de l’atelier
le feutre entre les dents prêts à tout pour un brouillon de culture
brouiller les pistes d’atterrissages éteindre les signaux lumineux
descendre de l’échelle le sourire aux lions laissés sur
auréoles papiers gras batterie soir de fête superpositions
Il y a des artistes qui mettent les pieds
aux lettres
La retourne, l’inverse, les transforme donc en phrases aux sens interdits
Un artiste saute dans le plat
Là où j’allume
un feu est ma demeure
Pieds joints mains déliées dans la peinture
Brouillon originel
Soupe de grimaces
Joël Godefroy
ne tremble pas quand il peint, il n’y a pas là de frilosité à dire à l’envers, à l’endroit
son tremblé est l’œuvre au noir son graphisme une invention
permanente de la déconstruction du mythe Graf au maître jean-michel.
Vivant
Joël réinvente un bonheur jubilatoire de l’expression
cri de rue journaux brandis affiche lacérée et marouflages des
propositions sur grands formats tendus sur châssis prêt à envahir
le salon la cuisine le mur là.
Peindre c’est aimer toujours à l’instant
Joël
(En trois actes)
Il est Peintre. Un jour saute
dans le plat. Jamais dans le silence de l’atelier. Sur les fronts. La
peinture est en bombe, en pot, pulvérisée, appliquée. Son
tremblé comme des décalcomanies : des inventions. L’intention
d’apporter à l’histoire de l’Art des brevets nouveaux,
déposés entre les pages de milliers de carnets qui font la force
du peintre et sa foi comme un chemin de croix. Car Joël est peintre.
Oui
! Fou ? Sans doute. Fou du chocolat, de l’encre, du feutre, du papier
qui boit.
Il est peintre en l’être. Des hommes la bouche grande
ouverte, des femmes, des chattes, des muscles et du slogan, de la lettre
; retournée,
léchée, soutien dégrafé, de la lettre qui penche,
qui explique, ou se moque ; de la lettre être ou de l’être
lettre. Joël est peintre en lettres dans la tradition inventeur de typographie
spontanée. Slogans sans mettre de gants. Enfileur de lignes en rêves.
Joël a son tremblé. Une main défiant toute concurrence, le
dilemme entre là et ici n’existe pas. Il occupe, résiste.
C’est un envahisseur de surface, un virtuose de l’art du laisser
du blanc, se servir du crème, de l’ocre et de l’auréole
pour blanchir la surface et faire respirer le tableau comme un grand maître
pompier contemporain.
Joël Godefroy est un peintre à rebours qui
va du registre de l’académie au brouillon. La the first classe
: faire du salement propre avec un cerveau et deux mains seulement et laisser
sur le carreau dans son sillage, son métier de peintre pour son métier
de vivre.
Et dans les œuvres de Joël Godefroy j’apprends à lire
ma vie comme si j’étais toujours allé à l’école.
Christophe Massé Bordeaux, 7 mai 2007