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Joël Godefroy : Au court brouillon

Jo (part one) : Jo le peintre

Il y a des artistes qui mettent les pieds dans le plat
Il y a à des artistes qui émettent et puis d
Bouillon de lettres dans la soupe acrylique. Illusion sur le chemin des significations. Emir Prince Petit Joël aux yeux
Il y a des artistes qui soumettent épier dans le froid de l’atelier le feutre entre les dents prêts à tout pour un brouillon de culture brouiller les pistes d’atterrissages éteindre les signaux lumineux descendre de l’échelle le sourire aux lions laissés sur auréoles papiers gras batterie soir de fête superpositions

Jo (part deux) : Jo le peintre en lettres

Il y a des artistes qui mettent les pieds aux lettres
La retourne, l’inverse, les transforme donc en phrases aux sens interdits

Un artiste saute dans le plat
Là où j’allume un feu est ma demeure
Pieds joints mains déliées dans la peinture
Brouillon originel
Soupe de grimaces

JO : La preuve (part trois)

Joël Godefroy ne tremble pas quand il peint, il n’y a pas là de frilosité à dire à l’envers, à l’endroit son tremblé est l’œuvre au noir son graphisme une invention permanente de la déconstruction du mythe Graf au maître jean-michel.
Vivant Joël réinvente un bonheur jubilatoire de l’expression cri de rue journaux brandis affiche lacérée et marouflages des propositions sur grands formats tendus sur châssis prêt à envahir le salon la cuisine le mur là.
Peindre c’est aimer toujours à l’instant

Joël

Joël Godefroy

(En trois actes)
Il est Peintre. Un jour saute dans le plat. Jamais dans le silence de l’atelier. Sur les fronts. La peinture est en bombe, en pot, pulvérisée, appliquée. Son tremblé comme des décalcomanies : des inventions. L’intention d’apporter à l’histoire de l’Art des brevets nouveaux, déposés entre les pages de milliers de carnets qui font la force du peintre et sa foi comme un chemin de croix. Car Joël est peintre.
Oui ! Fou ? Sans doute. Fou du chocolat, de l’encre, du feutre, du papier qui boit.
Il est peintre en l’être. Des hommes la bouche grande ouverte, des femmes, des chattes, des muscles et du slogan, de la lettre ; retournée, léchée, soutien dégrafé, de la lettre qui penche, qui explique, ou se moque ; de la lettre être ou de l’être lettre. Joël est peintre en lettres dans la tradition inventeur de typographie spontanée. Slogans sans mettre de gants. Enfileur de lignes en rêves.
Joël a son tremblé. Une main défiant toute concurrence, le dilemme entre là et ici n’existe pas. Il occupe, résiste. C’est un envahisseur de surface, un virtuose de l’art du laisser du blanc, se servir du crème, de l’ocre et de l’auréole pour blanchir la surface et faire respirer le tableau comme un grand maître pompier contemporain.
Joël Godefroy est un peintre à rebours qui va du registre de l’académie au brouillon. La the first classe : faire du salement propre avec un cerveau et deux mains seulement et laisser sur le carreau dans son sillage, son métier de peintre pour son métier de vivre.
Et dans les œuvres de Joël Godefroy j’apprends à lire ma vie comme si j’étais toujours allé à l’école.

Christophe Massé Bordeaux, 7 mai 2007