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ACTUALITE
Il ne s'agit ici (mais jamais sérieusement il ne le fut) que d'une question de formes et de couleurs "en un certain ordre assemblées". (1)
L'idéologie de l'Art pour l'Art, si vivace comme le Formalisme, ne sont que des impasses. L'inspiration comme la Tour d'ivoire, des clichés éculés.
Non : ce qui m'intéresse chez ces trois jeunes peintres : Claude Buraglio, Jo brouillon et Franck Garcia - c'est leur posture. Ce sont les attitudes pratiques, matérielles qui investissent celle-ci.
Précisément dans une société fondée sur l'égoïsme qui cherche mille appâts à corrompre, à avilir.
Ces artistes, ces citoyens s'essaient et réussissent dans une certaine mesure à couper court avec l'individualisme - face dévoyée de l'individualité, à provoquer l'échange, la réciprocité.
Oui, leurs peintures collectives, leurs "cadavres exquis", pour reprendre la nomination surréaliste, bien que trop connotée idéologiquement et esthétiquement, leurs jeux triangulaires et jeux avec eux-même dans les questions et réponses données é l'un / aux autres, m'intéressent beaucoup.
Je rapprocherais cette pratique de l'improvisation collective qu'elle appartienne au New-Orléans ou au Free Jazz (2).
C'est aussi sans doute pour cela qu'elle me séduit, requiert mon intérêt, ainsi que l'économie de moyens recourus... Ce sont des toiles libres. Un faire simple et efficace, une pauvreté au sens franciscain.
J'ai eu l'occasion de voir pour la première fois les travaux de Claude, Jo et Franck, réunis sous le titre "Carte blanche, traits noirs" à Langon, puis au Salon de Montrouge (où ceux-ci furent bien remarqués) et plus récemment pour le prix Antoine Marin à Arcueil, où je les parrainais. Mes premières bonnes impressions perdurent aujourd'hui.
Ils peignent. Ils ont donc compris que cette "survivance" (cet archaïsme pour certains) était plus que jamais vivant. Qu'il ne fallait pas essayer de rivaliser avec le développement ininterrompu des techniques. Simplement savoir s'annexer le nécessaire.
Reste le point crucial, plus déterminant que le "comment", le "pourquoi" de ces images, de ces signes de cette polysémie. Sur ces surfaces peintes, des positions discordantes se manifestent, c'est évident. La situation est ouverte, é chacun de s'y retrouver ou pas. Dans ce sens, je ne cacherai pas que telle image, tel signe porteur d'un discours, d'un développement inévitable suscitera ma probation ou au contraire saura m'émouvoir... Encore une fois la situation reste ouverte.
En manière de conclusion...
Remarqué au mois de juillet à Agrigente sur des calicots apposés à des balcons des maisons, à l'adresse du saint patron Calogero "Viva San Carlo" sur l'un. Et "Non noi respettiamo San Calogero" (3)
Pierre Buraglio
en TGV le 8/8/2009
1) Maurice Denis. 2) Cet été : le duo d'Herbie Hancock - Lan Lang jouant Chopin. 3) Nous ne te respectons pas San Calogero.
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L'aimant (songe de Jo Brouillon)
pour E.
Ainsi va la vie ! Elle ne nous ménage pas. Dans aucun sens du terme, et nous pouvons avoir de la chance. Nous habitons ici, à Bordeaux, la plus belle ville de cette douce France. Quoiqu' il s'y passe, c'est toujours gavé mieux, genre meilleur à prendre, que de se trouver dans les endroits de la planète où pleuvent les bombes, accablé par les maladies, terrassé par la famine qui chaque jour condamnent à mort des milliers d'artistes peintres qui n'auront jamais encore eu le bonheur de prendre connaissance de l'existence d'une quelconque création... là où la nature se déchaîne pour faire table rase, en moins de temps qu'il ne le faut au peintre dessinateur pour tailler son crayon, la place de l'art n'est sans doute pas dans la belle sérénité qu'en occident artistes nous recherchons. Lieu commun, qu'une époque douloureuse me prie plus, qu'elle ne me pousse, à évoquer. Notre pain blanc est formidable, même si nous avons attaqué la croûte depuis longtemps, il reste des miettes et les artistes qui courent sur la queue de l'hippocampe les picorent. J'aime les artistes dans la peau d'artistes. Les derniers survivants.
La planète des sentiments est un grand stade comme celle de l'art est un minuscule terrain de jeu; espaces d'enjeux aussi importants pour les santés mentales; balayés par les tsunamis du c?ur, les pluies affectives, les déflagrations d'envies de tout plaquer, qui deviennent des histoires à charmer du bout des lèvres, les yeux noyés d'aube fine, la queue posée sur la ligne bleue des draps au petit jour, quand depuis la salle de bains, l'odeur du pain qui grille au loin donne à la buée sur les carreaux ses lettres de noblesse, et l'envie, de la pointe du doigt, de dessiner ces petits c?urs qui disent: je t'aime.
Nous découvrons sur les grandes toiles et papiers de l'artiste météore, beaucoup du grain qui joue avec les maux jusqu'aux désespérances; car cette vocation à peindre depuis le plus jeune âge ne conduit-elle pas aux souffrances ? Le peintre, ce menteur de métier est condamné aux travaux forcés, il marche sur des tessons, glingue le ah ! et conduit à filer toujours du mauvais coton sur la plante, là où la chatouille est un feu pour diablotin. Pourquoi peindrait-il cette vérité qui n'existe pas ?
C'est par cette interrogation que débuta le second volet de ma saga amicale avec le peintre Jo Brouillon. Sautillant comme un moineau dégelé, il arpente le trottoir jusqu'au dos hermanos, là où nous nous étions donnés rendez-vous pour le tinto sifflera trois fois, accompagné des tapas de la casa. Depuis ma première visite à l'atelier de Jo, je me suis aperçu qu'il n'était pas le clone annoncé de Jean-Michel Basquiat. Pourtant dans sa fulgurance à remplir sa vie avec les ingrédients du peintre qui écrit son métier de peindre par la musique, la typographie sauvage et la peinture à l'eau, à l'huile, au stylo, aux craies, nous sommes invités à faire quelques allers-retours vers cet art urbain qui oriente les vies des boussoles désaimantées chères au prince de la street new-yorkaise . Nous regardons alors avec la plus subjective curiosité ce fragment de la comète Brouillon qui ne cesse dans la parure de son sillage d'embellir de traces phosphorescentes son passage dans la galaxie de la street de bx. Il pleut des cordes à rêver. Là, sa classe désobéissante me fût révélée. Maintes fois depuis Bordeaux/Cologne, nous avons tissé des petits fils d'Ariane et j'ai eu l'occasion, le plaisir, même, de constater avec jubilation l'évolution du peintre, sa richesse dans sa toison de désaxé. Aujourd'hui, dans un autre lexique, nous cherchons à combiner les couleurs du temps pour préparer le blabla de la Tente et dire en quelques phrases, l'essentiel qui mène au droit au but, sans battre notre coulpe plus qu'il ne le faut. Jo sait se maintenir dans la pénombre des grands arbres, droit comme l'if qui chercha de cyprès les étoiles. Jo me parle de sa famille avec douceur et amour. C'est un aimant sans limaille accroché aujourd'hui au vif de la plaie des lendemains sans horizon immédiat. Un léger tremblement occupe sa lèvre et son hirsute coiffure crépue (?) me replonge au temps ou je portais une valise immense vide au bout de mon bras. Le peintre retrouve toujours dans son cheminement, les grands espaces vierges qu'il affectionne sur lesquels l'acrylique fluorescente va gicler pour inonder ensuite de sa lumière crue, des surfaces rédemptrices intemporelles, ou des micro-espaces à gratter sur lesquels il pose sa patte comme le chat un trèfle à cinq feuilles. Il guidera son heure du matin pâteux jusqu'aux soirs enluminés des guirlandes des rires de la nuit.. il ne mentira pas vraiment comme nous entendons le mensonge et son écho sur les fausses parois, dans le magnifique conformisme de notre hypocrisie institutionnelle. Il tentera d'expliquer qu'il raconte des histoires, certaines aussi belles que les lettres de Théo à Vincent. Tiens trois sous avec lesquels tu pourras te retrouver au milieu des tournesols. Peindre c'est aimer sans arrêt. Jo est un débrouilleur de radars, un cartonneur de cymbales à slogans, un batteur d'?ufs à la coque, une tempête de douceur comme les neiges au dessus des meringues craquantes.C'est avant le déluge un des rares peintres à Bordeaux qui puisse l'inscrire sur le viseur de sa carte le représentant. Décrire une botte de radis posée dans les épluchures sur du papier journal, dans la lueur sécurisante de la cuisine familiale, il y a longtemps, et la peindre sous le regard protecteur du père conduit, à n'en pas douter à faire de la blancheur acidulée et du rosé translucide de la peau incarnat du radis; la croque au sel d'un peintre qui n'aura plus qu'à rajouter autour, un jour, son monde de lumières fragmentées.
Dans l'ordre Jo a souri au questionnaire. J'avais comme dans la grande tradition du tête à tête top modèle devant son peintre imaginé qu'en Marcel il répondrait sans aucune hésitation au Proustien questionnaire feat Massé l'envolée lyrics. C'est en poussant sous mon nez les petites assiettes de croquettes & calamars qu'il le fît. Vous en prendrez note avant de nous rejoindre Sous La Tente. Ce n'est pas chaque jour qu'un Brouillon fait copie neuve.
1/ Volontaire 2/ L'honnêteté (des gros nichons qualité eh !) Comment on pourrait dire ? 3/ La Curiosité 4/ Tout 5/ D'aimer trop vite 6/ La Musique 7/ D'être un bouc dans un troupeau de chèvres (rires)... d'être à Versailles (rires)... des enfants et les aimer comme je devrais les aimer.. 8/ D'être aveugle perdre la vue 9/ Une femme pour connaître l'orgasme féminin (rires) 10/ L'Italie pas pour Berlusconi 11/ Je les aime toutes. Rouge 12/ Les fleurs de Fantin La Tour, les pivoines, les grosses fleurs 13/ L'hirondelle, elle qui fait le printemps 14/ San Antonio et Baudelaire 15/ Apollinaire 16/ Tarzan 17/ Barbarella 18/ Miles Davis Rachmaninov, Prokofiev 19 Fujita, Basquiat, Picasso, Twombly, etc.. 20/ Mon père 21/ Friandises, amour, amoureux, pamplemousse 22/ Dictateurs génocides 23/ Le vase de Soissons 24/ Les congés payés 25/ L'oreille parfaite & musicale 26/ De mon vivant. Droit. J'ai l'impression d'être déjà mort. On ne meurt jamais 27/ Rassasié 28/ Le plagiat 29 Ni dieu ni maître.
Dispense des questions. La peinture se regarde sans le mode d'emploi et nous pouvons même en rajouter deux couches aux monocouches. Un jour, un temps viendra où l'artiste répondra à des questions que personne ne lui posera. Puis il ne répondra plus du tout. Seul ses ?uvres participeront du mensonge aimant songe universel.
Christophe Massé, Bordeaux 9 février 2010
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Non seulement, les tableaux de Jo Brouillon se regardent, mais ils se lisent. Derrière le fourmillement des traits, des images, des références, et l?apparente confusion des compositions, une volonté de mise en ordre se révèle. Ainsi à priori, tout est jeté pour que le regard fasse le tri et qu?ensuite se reconstruise à posteriori une méthode génératrice de sens, ce, dans la plus pure tradition Kantienne, implacable dans son processus logique.
Il nous reste à découvrir en raison de quel grain de sable, cette machine à penser, huilée par les soins du mécanicien brouillon, nous entraîne dans les territoires plus hasardeux du raisonnement en escalier. Serions-nous projetés, par l?omission d?une marche, dans les visions poétiques de Baudelaire quand il évoque la qualité du « dessin barbare* » consistant pour un peintre à cerner la mémoire par un trait synthétique et abréviateur, ou sommes-nous noyés dans les eaux troubles de l?origine du langage élaboré par le prince des penseurs Jean-Pierre Brisset prétendant que : « l?origine universelle des langues se concentrait dans le Coa-Coa des grenouilles. »**
Méditons avec rigueur cet extrait du lexique volé en lisant au hasard des tableaux de l?artiste, des mots qui résonnent comme une invitation à la compréhension souriante : « Avant-gardiste, transformer la grimace, ni paix ni temps, en douce extase, ritorno di fiamma, pollen mystic, Danae et la pluie d?or, abracadabra chéri bibi, le tyran au zoo russe, to bebop or not?
Les mots une fois assimilés, traits et doubles traits nous excitent pour trouver une solution à ce rébus poétique.
La rigueur technique de son travail traduit un amour profond de la couleur, du dessin, du papier, de
l?encre ? Ses oeuvres recèlent une complexité d?associations et d?oppositions dont la profondeur
trouble la lecture instantanée des éléments qui accrochent le regard en premier lieu.
D?un trait noir, qu?il double ou triple, l?artiste se sert de son aisance et de sa maîtrise pour
« brouillonner » à sa guise, et déstabiliser le spectateur. Jo Brouillon mêle engagement, violence,
dérision et humour et met son public à l?épreuve des contrastes et des aberrations qui font la vie.
Du dessin sur papier, de la peinture sur toile à l?installation murale, Jo est avant tout peintre mais
aussi illustrateur, graffeur et poète.
Il s?interroge sur le rôle de la mémoire et sur le rapport à l?histoire et aux histoires qui la font.
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[...] Jo Brouillon, lui, triture l?image pour la faire parler plus. Ses compositions composites sont formées
d?un vocabulaire qu?il faut décrypter, chaque image devenant mot et réciproquement. Il nous
montre, dans une cacophonie non reniée, les chemins diffus de la construction « psychique » d?une
image. Ce fatras, ce flux désordonné, inconscient, est pourtant l?origine des images, des mots que
l?on perçoit. Fulgurances, donc, insaisissables dans leurs détails. Il nous montre que peut-être ce que
l?on nomme le réel n?est, en nous, qu?une perception diffuse d?apparences. Bosch, Basquiat ou
Hybert ne le renieraient pas. [...]
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L'idéologie de l'Art pour l'Art, si vivace comme le Formalisme, ne sont que des impasses.
L'Inspiration comme la Tour d'Ivoire, des clichés éculés.
Non : ce qui m'intéresse chez ces trois jeunes peintres : Claude Buraglio, Jo Brouillon,
Franck Garcia - c'est leur posture. Ce sont les attitudes pratiques, matérielles qui
investissent celle-ci. Précisément dans une société fondée sur l'égoïsme qui cherche par
mille appâts à corrompre, à avilir.
Ces artistes, ces citoyens s'essaient et réussissent dans une certaine mesure à couper
court avec l'individualisme - face dévoyée de l'individualité, à provoquer l'échange, la
réciprocité.
Oui, leurs peintures collectives, leurs ?cadavres exquis?, pour reprendre la nomination
surréaliste, bien que trop connotée idéologiquement et esthétiquement, leurs jeux
triangulaires et jeux avec eux-mêmes dans les questions et réponses données à l'autre /
aux autres, m'intéressent beaucoup.
Je rapprocherais cette pratique de l'improvisation collective qu'elle appartienne au New-
Orleans ou au Free-jazz (2).
C'est aussi sans doute pour cela qu'elle me séduit, requiert mon intérêt, ainsi que
l'économie de moyen recourus... Ce sont des toiles libres. Un faire simple et ef?cace une
pauvreté au sens franciscain.
J'ai eu l'occasion de voir pour la première fois les travaux de Claude, Jo et Franck, réunis
sous le titre ?Carte blanche - traits noirs? à Langon, puis au Salon de Montrouge (où ceux-
ci furent bien remarqués) et plus récemment pour le prix Antoine Marin à Arcueil, où je les
parrainais. Mes premières bonnes impressions perdurent aujourd'hui.
Ils peignent. Ils ont donc compris que cette "survivance", (cet archaïsme pour certains)
était plus que jamais vivant. Qu'il ne fallait pas essayer de rivaliser avec le développement
ininterrompu de techniques. Simplement savoir s'annexer le nécessaire.
Reste le point crucial, plus déterminant que le ?Comment ?? "le Pourquoi" de ces images,
de ces signes de cette polysémie. Sur ces surfaces peintes des positions discordantes se
manifestent c'est évident. La situation est ouverte, à chacun de s'y retrouver ou pas. Dans
ce sens, je ne cacherai pas que telle image, tel signe porteur d'un discours, d'un
développement inévitable suscitera ma probation ou au contraire m'amusera, sera
m'émouvoir... Encore une fois la situation reste ouverte.
En manière de conclusion...
Remarqué au mois de juillet à Agrigente sur des calicots apposés à des balcons des
maisons, à l'adresse du saint patron Calogero "Viva san Carlo" sur l'un. Et "Non noi
respettiamo San Calogero" (3)
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Sans être prisonnier des codes de l'immanence réaliste, Jo Brouillon se tient au bord du monde dont
il détermine les limites par sa marginalité même. Il travaille jusqu'à ce point de tension hallucinée
entre éveil et rêve, créant une oeuvre fantasmagorique en trompe-l?oeil où réalité et fiction,
normalité et bizarrerie s'entrecroisent dans la cohérence décalée d'une vision subjective. Cet artiste,
qui dans son essence tend vers le désir de mystère, a peuplé son univers de créatures protéiformes
et de personnages "puzzle". Chez lui, les hommes, les femmes, les objets, la nature ne sont jamais
présentés tels qu'ils apparaissent au premier, au simple regard. Ils demeurent au-delà d'une pure
ambition d'anatomiste, nécessairement autres, chargés d'incertitudes, habités, névrotiques parfois.
Joël a fait du corps l'objet privilégié d'un façonnage et d'une volonté de maîtrise; un corps structuré
qui se prête à toutes les anagrammes.
A l'abri derrière ce "parasitage" délibéré des repères, une malice embusquée scintille. L'artiste
s'"ensauvage", déforme les mots, projette ses propres pulsions indomptées. Ses dessins, sublimés
par la poétisation du trait, flambent devant nos yeux. Ils mêlent les états d'un subconscient étrange,
ceux de l'idée voluptueuse, des envies inavouées. Ce qui importe, c'est le ressenti et l'enivrement à
chaque instant; la sensation fortuite, délicieusement affleurante, qui ouvre la cage en fer ornée
d'évidences solipsistes pour laisser partir l'oiseau "cante mon bel ucello"...
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Il est Peintre. Un jour saute dans le plat. Jamais dans le silence de l?atelier. Sur les fronts. La peinture
est en bombe, en pot, pulvérisée, appliquée. Son tremblé comme des décalcomanies : des
inventions. L?intention d?apporter à l?histoire de l?Art des brevets nouveaux, déposés entre les pages
de milliers de carnets qui font la force du peintre et sa foi comme un chemin de croix. Car Joël est
peintre.
Oui ! Fou ? Sans doute. Fou du chocolat, de l?encre, du feutre, du papier qui boit.
Il est peintre en l?être. Des hommes la bouche grande ouverte, des femmes, des chattes, des muscles
et du slogan, de la lettre ; retournée, léchée, soutien dégrafé, de la lettre qui penche, qui explique,
ou se moque ; de la lettre être ou de l?être lettre. Joël est peintre en lettres dans la tradition
inventeur de typographie spontanée. Slogans sans mettre de gants. Enfileur de lignes en rêves.
Joël a son tremblé. Une main défiant toute concurrence, le dilemme entre là et ici n?existe pas. Il
occupe, résiste. C?est un envahisseur de surface, un virtuose de l?art du laisser du blanc, se servir du
crème, de l?ocre et de l?auréole pour blanchir la surface et faire respirer le tableau comme un grand
maître pompier contemporain.
Joël Godefroy est un peintre à rebours qui va du registre de l?académie au brouillon. La the first
class : faire du salement propre avec un cerveau et deux mains seulement et laisser sur le carreau
dans son sillage, son métier de peintre pour son métier de vivre.
Et dans les oeuvres de Joël Godefroy j?apprends à lire ma vie comme si j?étais toujours allé à l?école.
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Joël Godefroy alias Jo Brouillon est un imagier insatiable, toujours entrain de gribouiller, griffonner,
coller, peindre, amalgamer des méthodes et des genres artistiques. Véritables heurts ou osmoses des
images et du texte, ses tableaux comme ses carnets de recherche reflètent un univers multiculturel
et cosmopolite, où les références au hip hop, voisinent celles des comics ou de la statuaire senoufo.
Jo Brouillon évoque la confusion poétique de notre monde et de ses composants culturels.